Aéroport

A l’aéroport Tahiti Faaa, les gens regardent un jeune homme qui mange
des betteraves et les gens croient qu’il mange un gros foie.
Il a les lèvres rouges et le teint pâle.
Il a une guitare et une valise contenant coquillages et vêtements.
Il attends l’embarquement pour Dubai.
Il n’est pas encore affiché.
Il n’y a pas beaucoup d’inquiétude. Chaque personne tente d’imposer un
style. Son gros morceau de barbaque rouge éclaboussait ses joues , vampirisait
l’ensemble de son visage.John aimait les fruits et les légumes frais. Il était le
genre de personne qui ne prend pas de décision hâtive dans sa vie.
Qui ne prend pas de décision du tout d’ailleurs. C’était bien son problème.
John avait assez de troubles obsessionnels compulsifs pour le garder occupé
toute la journée. Il avait pris toutefois une décision. Detoxifier son organisme
de toute la mauvaise alimentation ingérée depuis son enfance, ainsi que des
conseils de son entourage. Il lui manquait un contact avec le genre humain.
C’est pour ça qu’il était d’accord pour discuter avec les gens et les aimer. Ni
café, ni alcool, ni sucre. Fruits et légumes crus, kilos de noix de cajous. Il avait
aussi beaucoup de regrets de sa vie passée et cela nourrissait son écriture. La
plupart du temps, Il jouait de la guitare, il mangeait, et il écrabouillait des
textes avec un air très sérieux. Il esaayait de détoxinier son mental autant que
son organisme. Ses pensées négatives feront 80% du boulot dans l’accident qui
surviendra.


Il avait un faux jumeau, un jumeau miroir, qui avait une vie tout autre que
lui. Alors c’est peut-être pour ça qu’il était interessé par les choses et leur
contraire. Les jumeaux miroirs sont il est vrai des créatures fascinantes. Ils
naissent parfaitement opposés, et avec l’âge ça se recentre. Il n’y a pas de
dominant ni de dominé. Quand l’un a compris quelque chose , l’autre se
trompe, et inversement. L’un était plutôt oisif, l’autre plutôt hyperactif. Mais
les deux n’avaient pas une énergie folle, c’était des fatigués de naissance. John
était un garçon froid au premier abord. Il avait un complexe d’infériorité
depuis l’enfance. Depuis le jour où on l’avait coincé dans la petite ruelle près
du stade parceque, nouveau dans l’école, il venait du village d’à côté.
John était plein de TOC. C’était l’ambassadeur des TOC.
Etait-il déminéralisé de naissance ? Avait-il hérité de toute la nervosité de
ses ancêtres ? On ne sais pas.
En tout cas ce n’était pas le meilleur du monde pour être populaire. Il
n’était pas le plus populaire de la classe, c’est sûr.
Il était souvent seul, à regarder ses pieds. Tout au bout de la rue de l’école
se trouvait un lavoir et il aimait bien y passer du temps, à regarder l’eau et le
parc du chateau de l’autre côté.
Le soir il rentrait à pied chez lui à 500m de là. Il se sentait bien en arrivant
et que sa mère lui faisait un chocolat chaud. Il regardait la télé avec son frère.
J’écris dans une fresque spatiale. Je décris point par point les parasites qui
me rongent. Je les objective froidement. Puis je les ignore dans l’espoir qu’ils
disparaissent à jamais dans les lymbes de l’Univers.



« YOU CAN’T OVERCOME THE MIND WITH THE
MIND »


Des impulsions électriques agressent mon crâne avec cette phrase.
Les gaines digitales enrobent nos cellules dans le monde des lumières
bleures. Nos cellules nerveuses sont attaquées de toutes parts.
On prend part au manège mental qui nous rends fou et anxieux ou on
choisis de ne répondre que de soit. C’est à dire de ne pas répondre du tout.
J’ai rarement connecté mon inconscient autant que dans ces moments où je
quitte mon petit moi peureux pour devenir un laser émotionnel.
Je suis paradoxalement une personne avec un catalyseur de mots et
d’interprétations uniques, mais je suis aussi un personnage très très très
exposé au jugement, totalement _ EN DESSOUS de la confiance en moi
nécessaire pour considérer mon intuition plutôt que l’avis des personnes, les
circonstances extérieures, les conjonctures envahissantes.
Je mets autrui sur un piédestal avant même qu’il ne me l’ai demandé. C’est
assez flatteur pour lui, et très vite il en profite. C’est normal.
j’ai besoin de vider mes motifs sur le papier à musique ou sur des
documents textuels, peu importe. Mon paradigme est programmé sur
l’écriture, sur les bugs mentaux, sur les TOC, sur tout ce que tu veux qui n’est
pas la pure spontanéité dionysiaque mais qui nécessite aussi une sobriété apolynienne.
J’espère que mes années de lecture n’ont pas été effacées par la réalité.

Je pense que l’esprit se braque quand tu lui présentes des choses trop violentes;
Le stress post-traumatique, je connais.
Le pardon, je connais peu.
Suivre pendant tant d’années! c’est horrible de s’en rendre compte!
mais les secondes qui passent derrière sont de grande valeur et ne doivent
pas être passées à S’EN VOULOIR DE QUOI QUE CE SOIT.


_ YOU CAN’T OVERCOME THE MIND WITH THE MIND

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Aller en haut